jeudi 30 septembre 2010
mardi 17 août 2010
Un mois déjà
mardi 10 août 2010
Ecrire Kribi
vendredi 6 août 2010
J'arrrrrive, je reviens
Kribi, la langue de la mer, sa gorge remplie d'amertume, je la sens me lécher les paupières, je ferme les yeux.
Monte comme une pointe d'agacerie dans mon ventre, car enfin revient le goût aigre du ndolé, j'ouvre les yeux.
Oh! Joie! Fourvière en majesté pointe ses quatre sexes vers le ciel argenté!
ça
Reste le ça.
Le ça du "ça s'est bien passé".
Une lettre avec une queue qui lui pendouille par en-dessous, un alpha qui serait le début d'un roman, et ce binôme idiot, ce ça, rien que ça, tout ça, tout mettre dans le ça, car c'est ça qu'ils veulent entendre, ça s'est bien passé, c'est ça?
Mais c'est comment, ça?
C'est quoi, ça?
Ah! Ah! Ah!
Pour le ça-voir, va falloir ça-crocher.
jeudi 29 juillet 2010
Martyrionnettes
mardi 27 juillet 2010
lundi 26 juillet 2010
Où sont les gorilles?
Nous n'irons pas voir les pygmées
Parce qu’il faudrait sacrifier au rituel folklorique de la pirogue, nous prenant pour d’imbéciles explorateurs de nulle part.
Parce que j’aurais honte de violer la forêt sans y être invitée.
Parce que je n’ai aucune raison de croire qu’ils me désirent.
Parce que sentir leur présence me suffit.
Parce que je n’ai rien à leur apprendre et rien à leur donner.
Le contraire est peut-être vrai, mais encore faudrait-il que je sois prête à recevoir des miettes.
Parce que j’aurais trop peur de laisser des traces.
Parce qu’on ne peut pas voir l’invisible.
dimanche 25 juillet 2010
Matin chagrin
Là je voudrais que suinte des murs fissurés de vrais éclats de rire, des lames tranchantes qui laisseraient de belles cicatrices violettes sur la peau des crocodiles.
Là je voudrais bien m'embrumer la gueule à grande lampée de bière tiède et qu'un cavalier surgissant hors de la nuit m'apporte pour me consoler de la confiture d'abricot.
las... de guerre lasse, de traviole et boiteuses nos connes utopies...
jeudi 22 juillet 2010
Indiscrétion
Les mains étrangères l’une à l’autre, posées bien à plat sur leurs cuisses respectives. Ils jouaient à la balançoire et se sont rapprochés, leurs genoux à se toucher. Ils ne voient pas le python embusqué dans les branches de l’arbre, ils se croient à l’abri de sa frondaison.Gracieux penchant de la femme en bleu à califourchon sur une queue bifide, entrouvre ses lèvres et glisse une langue fouineuse dans le pavillon moite de son partenaire à casquette. Sans maudire, le sable se laisse gentiment griffer par le soleil.
Nuit d'orage
Possible que j’ai bu une bière de trop hier.
Pas sûr. Mais possible.
Il a beaucoup plut en fin de soirée. Dans une atmosphère déjà surchargée d’humidité, ça faisait beaucoup pour mes articulations et j’ai du penser qu’un peu d’alcool me ferait du bien. J’ai marché sur la route jusqu’à la première guinguette posée bancale en bord de plage. C’était bien éclairé, correctement abrité des paquets d’eau qui dégringolaient du ciel.
La fille du bar était grosse, comme je les aime et l’odeur de poisson grillé m’a mis en confiance. Il n’y avait pas grand monde. Une famille attablée devant les images brouillées d’un vieux poste de télévision finissait un jus couleur sang. J’ai bien regardé leur petite fille, elle avait du rouge tout autour de la bouche et ça lui dégoulinait sur le menton. Quand elle a sorti sa langue pour s’essuyer les lèvres, j’ai remarqué qu’elle avait des canines taillées en pointe.
J’ai commandé une grande Amstel glacée. C’est le genre de boisson qui vous donne des aigreurs d’estomac mais on a beau le savoir, on y revient toujours. En premier, j’hésite. Puis je me laisse convaincre par son amertume, et je dois dire qu’elle me console de bien des tracas qui me pourrissent la vie et me serrent le cœur rien que d’y penser.
C’est possible que j’en aie bu une deuxième. C’est même possible que la grosse ait raison quand elle me crache dessus que j’ai vidé sa réserve d’Amstel glacée. Mais quand elle affirme devant l’homme en tenue que j’ai voulu lui faire un bébé dans les fesses, j’ai comme un doute.
En tout cas, même si j’ai fait ça, même si j’ai manqué de respect à la dame, c’est pas une raison pour me jeter dans un cul de bas fosse, confisquer mes papiers, et me condamner à dix ans de travaux forcés. Je trouve que leur décision est un peu rapide. C’est vrai, quoi, putain. J’ai encore la gueule de bois.
dimanche 18 juillet 2010
Bon dimanche
La route est chaude. On sent les cailloux sous nos semelles trop fines, ça nous met du sable entre les doigts de pied, comment dire que… côté continent la terre pâteuse entre les planches assoie solidement les abris des pêcheurs, c’est-à-dire que, comment… quoi… côté océan les piroguiers crachent la coque des arachides qu’ils mâchent à pleine bouche. C’est comment, c’est quoi, ces yeux jaunes qui suivent la route où deux blanches se dessèchent la langue à force de quoi comment d’où… Des pointes rouges piquent au sang les haies de grasses plantes dont on ignore le nom, si belles, capiteuses, où l’oiseau moustique tente sa première sortie. C’est quoi, c’est comment là-bas silencieuses les chutes de Lobé s’anéantissent dans la mer. Violette et crémeuse la mer aspire les crabes translucides. On pose nos fesses sur le mouillé à l’ombre des palmiers… c’est comment, que tu dis que… Passe là devant entre la forêt vierge et le désert de bave salée un ventre de vieillard au bras d’une fi-fi-fi… fillette prépubère et… comment… perdue… elle ment : « c’est comment combien que tu vas cracher ta tune en sperme dans mon cul ? ».
Ce dimanche, à Kribi, oui.
samedi 17 juillet 2010
jeudi 15 juillet 2010
Riche cuisine
Le palmier est généreux. Il donne ses noix, ses huiles, ses feuilles, et surtout il donne le matango ou vin de palme. Tout juste écoulé de l’arbre, il est sucré, on dit que c’est du vin de femme. Au bout de quelques heures, il fermente et si on l’aide de quelques feuilles et d’écorce, là ça devient une boisson d’homme. Tu bois un verre, tu pars au lit (de préférence pas tout seul).
Quand le palmier est tombé, tu tailles la souche et tu remplis la calebasse.
Quand le palmier est tombé, au bout de quelques jours, les chenilles arrivent. Tu les ramasses et tu les manges.
Quand les chenilles sont toutes mangées, tu grattes le tronc du palmier et tu récupères les champignons. Et puis tu les manges.
La pulpe de noix, ça fait de très bonnes sauces.
Le bobolo, c’est le bâton de manioc. On pile le tubercule, ça fait une pâte, avec de la ficelle on l’empaquette dans une feuille de bananier.
Le miondo, c’est le bâton de manioc, mais à Douala.
Le mets de pistache, c’est une pâte de quelque chose, mais pas de pistache.
Le zom, C’est une sauce faite à base de feuilles de légume fraîches.
Le ndolé, c’est la feuille du ndolé écrasée, une feuille verte qui ressemble aux épinards, c’est un peu amer mais avec des crevettes, ça passe tout seul.
Le machoiron, c’est un poisson. Si tu cuisines bien la tête de machoiron, ton mari ne te quitte jamais.
La banane plantain, tu la manges frit ou bouilli tout le temps et partout.
Comme le riz.
Le riz, c’est du riz.
Comme la grillade de poisson.
La grillade de poisson c’est la grillade de poisson. Tu le manges avec les doigts, la meilleure partie, c’est la tête, tu suces les arrêtes pour qu’il ne reste pas un gramme de chair. Tu te rinces les doigts dans une marmite qu’on t’apporte à la fin.
Le macabo, c’est une espèce de patate, en plus sec dans la gorge. C’est meilleur avec
La sauce arachide, c’est un délice.
Le couscous, c’est de la purée de manioc. C’est meilleur que la purée de taro, qui colle dans la gorge. On le sert roulé en boule dans des petits sachets de plastique, soigneusement fermés en torsade.
Le couscous, je crois qu’on l’appelle aussi le foufou de manioc.
La sauce jaune, chez les Bamilékés, c’est du taro avec une sauce, jaune, piquante. Ça se mange froid et ça colle aux doigts.






